Paris des vi(ll)es I Intimités publiques // Scénos Urbaines avec la Cité internationale des arts
Commissariat : Scénos Urbaines (François Duconseille et Jean-Christophe Lanquetin) et Nataša Petrešin-Bachelez, responsable de la programmation artistique et culturelle de la Cité internationale des arts, et Simona Dvorák, commissaire interdépendante.
Artistes : Bruno, Sélima Chibout, Saad Eltinay, Nathalie Harb, Inssa Hassna, Djodjo Kazadi, Jeanne Tara, Vicente Lesser, Sandra Madi, Gabriela de Matos, Cara Michell, Androa Mindre Kolo, Mega Mingiedi Tunga, Oliver Musovik, Lasseindra Ninja, Léonce Noah, Efrin Özyetiş, Scénos Urbaines (François Duconseille et Jean-Christophe Lanquetin), Sello Pesa, Rester.Étranger, Ika Ryu, Beatriz Santiago Muñoz, Kristina Solomoukha + Paulo Codeluppi + Barbara Manzetti, Samuel Suffren, Ika Yuliana // Avec la collaboration de : Lotte Arndt, Nadia Beugré, Rosalie Eglin Lanquetin, Catherine Facerias, Léopold Lambert, Olivier Marboeuf, Marielle Pelissero // Stagiaires : Martial Azzi, Maelis Dubois Deletang, Agnès Krier, Manon Thedrez, Emma Thierry // Régie : Elise Villatte, Micha Zavalniy et l’équipe technique de la Cité.
Voir : urbanscenos.org
La Cité internationale des arts et les Scénos Urbaines présentent Paris des Vi(ll)es | Intimités publiques, une résidence d’artistes in situ entre août et octobre 2025, accompagnée d’une exposition (du 8 octobre 2025 au 24 janvier 2026) et d’une série d’événements à la Cité et dans l’espace urbain les 8, 9 et 10 octobre dans le cadre du Festival d’Automne. Ce projet s’inscrit dans la programmation conçue pour célébrer en 2025 les 60 ans de la Cité internationale des arts. Pour Paris des Vi(ll)es | Intimités publiques, la Cité et les Scénos Urbaines ont imaginé un dispositif collectif d’une trentaine d’artistes et de penseurs et penseuses. Leurs origines et pratiques sont diverses, mais tous et toutes partagent un intérêt commun pour les environnements qu’ils ou elles habitent, et pour le dialogue avec celles et ceux qui les traversent. Pour ce projet, les artistes mènent un travail in situ, nourri de leurs expériences et de leur vécu.
Les Scénos Urbaines sont un ensemble de résidences itinérantes en milieux urbains à travers le monde, initiées par François Duconseille et Jean-Christophe Lanquetin, artistes, scénographes et enseignants à la Haute École des Arts du Rhin à Strasbourg. Depuis 2002, chaque résidence est co-conçue avec, et accueillie par, des artistes et/ou opérateurs vivant et travaillant dans le quartier où le collectif s’installe temporairement. Les Scénos Urbaines collaborent de longue date avec la Cité internationale des arts, notamment via des manifestations imaginées avec l’historienne de l’art et commissaire Dominique Malaquais (Les Utopies performatives, 2021 ; Entrelacs, 2022…).
Le projet réunit une trentaine de participants et participantes et ouvre des espaces de conversation, de création, d’improvisation et de réflexion autour des questions suivantes : Paris est-elle une ville hospitalière ? Comment les artistes venus du monde entier, dont de nombreux résidents et résidentes de la Cité, vivent-ils cette ville européenne, avec son horizon d’universalité, qui s’est toujours dite inclusive ? Mais qu’en est-il des silences, des angles morts de cette inclusivité, qui traversent son histoire ? Poser ici la question, en plein cœur emblématique de Paris, sur qu’en est-il du devenir des espaces urbains qui entourent la Cité internationale des arts, est un défi pour les commissaires d’exposition. Inspiré par la recherche des Scénos Urbaines, qui ont porté leur attention vers des quartiers ordinaires de grandes villes de par le monde, (Kinshasa, Douala, Dakar, Port-au-Prince), des centres villes à l’urbanité dystopique (Johannesburg, Saint-Denis de la Réunion), des banlieues plutôt fracassées (Alexandrie, Strasbourg), des villes en devenir (Mayotte), ce défi est d’autant plus intéressant à relever que cette urbanité parisienne semble constamment nous adresser un message de sécurité, de ville-musée, de tranquillité, d’hospitalité accueillante. Sous leur apparente banalité, ces questions renvoient à ce que deviennent aujourd’hui les villes comme « infrastructures de personnes », dans les mots d’AbdouMaliq Simone : à l’histoire de Paris, à son imaginaire, à la centralité de la Cité internationale des arts, à la présence de la Seine, à ce qu’est aujourd’hui un espace public, aux manières de pratiquer et de ressentir cette ville lorsqu’on y vit ou lorsqu’on vient d’ailleurs, aux manières de la penser, de l’halluciner et de la contrôler, lorsqu’on en organise l’espace commun.
Entre mi-août et début octobre, une trentaine d’artistes ont été en résidence à la Cité internationale des arts pour produire le contenu de l’exposition. Chacun et chacune a pris le temps de s’approprier les lieux, de s’immerger dans le quartier et d’aller à la rencontre des habitants. Le commissariat s’est concentré ici sur la forme de ce qui s’invente pendant la durée de la résidence : liens, relations, questionnements, récits, performances, films, installations, événements… avec une attention portée à leur générosité et à leur accessibilité.
Depuis 2002 à Doula, vivre et travailler en tant qu’artiste en dialogue avec un milieu urbain est la matrice des Scénos Urbaines : La particularité du projet [des Scénos Urbaines] réside dans ce que nous nommons comme un principe d’inversion « Sud – Nord » des regards. Ce sont principalement les artistes des pays dits du « Sud » qui portent un regard sur un environnement urbain d’une ville du « Nord ». […], ce genre de regard est commun dans la vie des villes à l’aube du 21ème siècle, mais […], lorsqu’il est affirmé – quand il se dote, en quelque sorte, d’une voix – il tend à gêner, car il déplace des habitudes qui se veulent dominantes. En tant que tel, il est un facteur potentiel de polémique et cela nous intéresse. Articuler un espace […] autour de regards comme ceux dont il est question ici revient à prendre (ou du moins à tenter de prendre) une position éthique et politique. Celle-ci peut se lire à plusieurs niveaux, comme un positionnement par rapport au contexte actuel qui prévaut en Europe,[…] et, simultanément, comme une manière de se positionner par rapport à ce que nous souhaitons que soient les échanges avec les artistes […] au sein des Scénographies urbaines.
Scénos Urbaines, La Bellevirtuelle, 2012. François Duconseille, Jean-Christophe Lanquetin, Dominique Malaquais
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Outre le commissariat, trois projets :
–Un mur dans la salle principale de l’exposition, assemblage d’environ 250 A3, fragments de textes, d’entretiens, citations, documents visuels du processus de création de chacun des artistes. Ce mur s’est construit au fil de la résidence comme une cartographie de pensée, un labyrinthe théorique et visuel autour de la question mantra du projet : Paris est-elle une ville hospiralière ?
[la dernière image est une vue d’écran d’une rencontre entre Felwine Sarr et Edwy Plenel pour L’échappée de Mediapart, le 2 janvier 2026]
—Une nouvelle série de J’aimerais — après Mayotte 2023 — courts textes spéculatifs, descriptifs, en colère, autour de ce qu’est Paris aujourd’hui pour les artistes en résidence, à la Cité, et pour l’équipe porteuse du projet. Ces affiches ont été disséminées sur les murs, dans la Cité et alentours.
–Un ensemble de fragments des Scénos Urbaines issus des précédentes résidences à Douala, Alexandrie, Kinshasa, Johannesburg, Dakar, St Denis de la Réunion, Port au Prince, Conakry, Strasbourg et Mayotte. Esquisse d’un récit visuel autour de gestes performatifs inscrits dans des milieux urbains, s’appuyant sur l’existant pour inventer des actes, des fictions, du sens, une relation aux publics-habitants.























